ROUAULT Georges

Georges Henri Rouault (Paris, 27 mai 1871 - Paris, 13 février 1958) est un peintre et graveur français. Fils d'un ébéniste breton: Alexandre François Joseph Rouault et de Marie-Louise Champdavoine, fruitière parisienne qui lui donne la vie dans une cave du No 51 de la rue de la Villette au cours d'un bombardement des Versaillais. C'est son grand-père maternel qui lui fit découvrir, l'art. À quatorze ans, Georges Rouault devient apprenti chez un peintre de vitraux : Émile Hirsch et suit les cours du soir de l'École nationale supérieure des arts décoratifs. Employé par le même Hirsch de 1887 à 1890, puis en 1891, il entre à l'École des Beaux-Arts de Paris dans l'atelier de Delaunay et à son décès intègre l'atelier de Gustave Moreau. Il participe à deux reprises au concours du prix de Rome, sans succès la première fois en 1893 avec Sanson tournant la meule pour lequel il obtient le prix Chenavard en 1894 et en 1895 avec Jésus parmi les Saintes femmes où il obtiendra le prix Th. Fortin d'Ivry. En 1898 il est nommé selon les vœux du maître, conservateur du musée Gustave Moreau, à Paris, qui vient de s'ouvrir.C'est pour lui une période difficile, sa famille part pour l'Algérie et sa santé l'oblige à faire deux séjours en Haute-Savoie. En 1901, il fréquente l'abbaye de Ligugé et y fait la connaissance de Huysmans. Avec les peintres Henri Matisse et Albert Marquet, Georges Rouault fonde le Salon d'automne en 1903. Georges Rouault aborde des thèmes liés à une observation critique de la société : juges, avocats, salles d’audience, miséreux, émigrés, fugitifs sont autant le reflet d'une révolte face à la misère humaine qu'un prétexte à des recherches sur les formes et les couleurs. Il fait la connaissance de Léon Bloy en 1904 dont l'œuvre le touche profondément et de façon durable. Quelques années plus tard il fréquenta à Versailles le philosophe catholique : Jacques Maritain. C'est entre 1906 et 1907 qu'il commence à peindre des céramiques. Le 27 janvier 1908, il épouse Marthe Le Sidaner (v.1873-1973), qui lui donnera quatre enfants. Profondément catholique, il reconnaît dans cette humanité souffrante le visage du Christ qu’il recherche dans de nombreuses toiles évoquant sa Passion, à l'exemple du tableau Le Christ bafoué par les soldats (1932). Ce thème récurrent perd son accent moralisateur pour prendre une nouvelle tension dramatique, dans un lyrisme fait d'abandon ascétique qui voit dans la splendeur de l'image une sorte de reflet céleste... Dès 1910, les collectionneurs et les marchands reconnaissent la grande force de son œuvre (notamment Ambroise Vollard, qui en 1917 lui achéte l'ensemble des toiles de son atelier, soit 770 œuvres et Maurice Girardin). C'est en 1917, qu'il se lance dans la gravure et 4 ans plus tard, en 1921, Michel Puy réalise sa première biographie. En 1938, le Museum of Modern Art de New York fait une exposition de son œuvre gravée. C'est l'année suivante au mois de septembre qu'il s'installe à Beaumont-sur-Sarthe, qu'il quittera en juin1940, pour y revenir de 1943 à 1946. En 1946, après la mort de Vollard, il se trouve en procès avec les héritiers. Le Tribunal lui reconnaît la propriété de ses œuvres. Georges Rouault brûle 315 de ses tableaux en 1948 en présence d'un huissier. Il arrête de peindre en 1957. À sa mort, en 1958, le gouvernement français décide de lui faire des obsèques nationales en l'église Saint-Germain-des-Prés. Son prestige en tant que coloriste et graveur n’a cessé de s’étendre notamment au Japon et en Corée. Il est considéré comme l'un des peintres religieux les plus importants du xxe siècle. Sa famille à fait une donation exceptionnelle à l'État en 1963. Son petit appartement-atelier près de la Gare de Lyon au 2 rue Émile Gilbert à Paris 12e arrondissement est conservé par sa famille dans l'état ou il l'a quitté et sert de siège social à la Fondation Georges Rouault.

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